'Matin Brun' est le titre d'une nouvelle de seulement douze pages écrite en 1998 par Franck Pavloff, nouvelle que j'ai découverte il y a quelques mois étant inscrite à la liste des ouvrages à étudier dans la classe de 1ère de mon fils.
Je dois avouer avoir été bouleversé par la lecture de ce texte, véritablement mise en garde contre les dangers d'une pensée totalitaire et unique. Son titre donne la couleur, couleur rappelée par la couverture souple de l'ouvrage.
Admirable par la simplicité de l'écriture, dépouillée de toutes fioritures, cet ouvrage passe un message qui, s'il est bien compris, influencera profondément et durablement la pensée du lecteur.
Le risque, pour un jeune lecteur, est de passer à coté de l'essentiel, le danger d'un formatage de la pensée, et de ne retenir que le superficiel, l'histoire de deux copains qui obéissent aux règles.
Et d'oublier que ce danger est toujours d'actualité, et qu'il ne faut pas grand chose pour que, déstabilisée, notre société bascule vers l'innommable.
Et de ne pas prendre conscience qu'il est possible qu'un jour futur nous soit reproché un acte, une pensée, pourtant anodin et parfaitement autorisé en d'autres temps.
Je ne veux pas ici dévoiler la trame de Matin Brun que le lecteur doit découvrir par lui-même mais simplement affirmer que la proposition de loi des sénateurs Yves Détraigne et Anne-Marie Escoffier sur le droit à l'oubli sur Internet est une première et nécessaire étape pour protéger le e-citoyen contre des risques ignorés aujourd'hui mais possibles demain.
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