jeudi 14 janvier 2010

10-4 = Communications scientifiques, l'avant et l'après Internet

La lecture d'une communication présentée à l'occasion d'une conférence scientifique m'a conduit à étudier de manière plus approfondie que d'habitude la section consacrée aux références. Le thème traité portait ici sur un sujet que j'avais eu l'occasion d'étudier de très près dans une vie antérieure, à la fin des années 80. Plusieurs communications avaient été faites à l'époque qui permettaient de marquer l'avancement de nos projets de recherche.

Les travaux exposés par les auteurs ressemblant étrangement à ceux engagés il y a donc de cela près d'un cinquième de siècle, je m'attendais à trouver des références aux actes des conférences où nous avions présentés résultats.

Nada, rien.

La référence la plus lointaine était celle d'une communication datant de 1998 laissant à penser qu'aucun des travaux publié avant cette date n'a été pris en compte. L'année 1998 se trouve être à la charnière d'un changement fondamentale dans la gestion de l'information: l'émergence de l'Internet en tant que moyen de publication et de recherche d'informations.
Tout laisse donc à penser que les auteurs n'ont nullement cherché à masquer l'existence de travaux antérieurs mais tout simplement qu'ils n'en ont jamais été informés!

Et de fait, il y aura désormais lieu de considérer l'existence de deux périodes: celle de l'ère du 'tout papier' et des bibliothèques que tout chercheur se devait parcourir dans le cadre de ses activités de recherche, et celle du 'tout numérique' et de l'Internet qui, hélas, semble ne pas avoir (encore ?) totalement intégré la production de la période précédente.

Il ne faut alors plus s'étonner qu'en dehors de certaines publications fondamentales, les chercheurs modernes engagent parfois des recherches sur des domaines ayant pourtant été traités vingt ans auparavant mais qui n'ont jamais été transcrits - numérisés - dans le système d'information qui prévaut de nos jours.

Est-ce un bien ou un mal, je ne peux en juger mais je constate qu'in fine, les résultats de ces études dépassent bien souvent ceux des études originales. A ceci peut-être faut-il trouver comme explication, outre l'évolution des technologies et du savoir, l'absence de toutes influences externes, et donc d'idées préconçues...

Pour être honnête, le même problème a dû se poser, mais à moindre échelle, lorsque les machines à écrire et les ronéo-typeuses ont laissé place à l'ordinateur et au traitement de texte dans les années 75.

J'ai eu la chance d'effectuer un stage au CERN, et d'y découvrir en 1982, l'un des plus fabuleux systèmes de documentation électronique qu'il m'ait été donné d'utiliser, l'accès instantané à des milliers de publications en provenance des plus prestigieux laboratoires de recherche du monde, quand quatre ans plus tard le centre de documentation du laboratoire de recherche que je rejoignais commençait tout juste à 's'informatiser'. J'ai alors très certainement dû 'louper' de nombreuses communications dans le domaine d'intérêt qui était le mien.

Je ne résiste pas au plaisir de terminer ce billet par la reproduction d'un encart publié dans le numéro 102 - Janvier 1946 - de la revue 'Toute la radio' lequel cite les travaux d'un certain C.M. Clarke qui n'est autre que désormais célèbre Arthur C Clarke.



Ces travaux qui posent le principe du satellite géostationnaire ont été publiés dans le numéro de février 1945 de revue Wireless World sous le titre 'V2 for Ionosphere Research'.

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