L'annonce de l'arrêt en 2011 du signal horaire transmis par l'émetteur HBG situé en Suisse confirme la tendance engagée depuis quelques années: le passage de l'analogique au tout numérique, et lorsque cela est possible, l'arrêt pur et simple de toute radiodiffusion au profit de services identiques offerts sur l'Internet.
La raison est purement économique. Comme l'avait fait remarquer en son temps un service de radio-diffusion anglais, la diffusion d'informations à destination d'un nombre d'auditeur de plus en plus réduit coûte cher, trop cher: électricité, fuel pour les groupes électrogènes, maintenance... L'Internet ne doit être guère moins couteux mais les coûts sont, eux, masqués.
S'agissant de la diffusion d'un signal horaire, tel celui de DCF77 (Mainflingen), de MSF (Anthorn), de HBG (Pragins) ou encore de France Inter (Allouis), il est de fait qu'un simple récepteur GPS permettra d'obtenir une référence de temps aussi précise pour un coût d'acquisition réduit, presque comparable à celui d'un boitier DCF77. Sur le plan purement technique, l'arrêt de l'émetteur HBG (Pragins) n'aura donc probablement aucune incidence, à l'exception peut-être d'imposer le changement des équipements se synchronisant sur ce signal et qui n'offriraient pas la possibilité de recevoir un autre signal. Il est de fait que l'arrêt de DCF77 poserait bien plus de problèmes ce signal étant utilisé en Allemagne mais aussi dans les pays environnants dont la France.
Cet arrêt programmé pose cependant le problème plus large de la perte progressive de la capacité d’informer 24h/24 une vaste population sans requérir ni réseau d’infrastructure complexe, ni équipements spécifiques.
Au plus fort de la guerre froide, quand il était envisagé que puisse être rayés de la carte des pans entier d’un pays, les réseaux de radiodiffusion avaient une mission critique, celle d’informer la population de l’imminence d’un danger, et de diffuser les consignes de sécurité. Cette mission est encore assurée de nos jours par la radio de service publique, France Inter en grandes ondes (162KHz – Allouis), et son réseau de radiodiffusion FM associé. Dans le même esprit, les fréquences de diffusion de RFI (Radio France International) peuvent être utilisées pour diffuser les consignes de sécurité et d’évacuation aux populations Françaises installées en pays étranger.
Que l’on arrête ces services de diffusion, et ce sera la fin d’un système d’alerte aux populations disponible et accessible en tout point de France. Je n'aborderai pas ici le problèmes posés par le passage au tout numérique: un signal numérique brouillé ne sera plus intelligible quand un signal analogique le sera encore. Les usagers de la TNT en limite de couverture ne pourront pas dire le contraire...
lundi 31 août 2009
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