La lecture du RFC 5598 ‘Email Architecture’ est non seulement instructive mais aussi révélatrice des faiblesses du modèle de standardisation de fait.
Instructive car elle nous propose une vision d’ensemble du système de messagerie en usage dans l’Internet, cohérente et fonctionnelle. Il faut dire que les évolutions et aménagements successifs permettant de répondre, au fil de l’eau, à des besoins qui n’avaient pas été identifiés lors des premières spécifications de ce système ont conduit à produire une structure complexe, et surtout bien mal documentée. Ce problème est désormais corrigé par le RFC 5598, lequel est édité par David H. Crocker, lequel avait signée il y a maintenant 27 ans le célèbre RFC 822 fondateur de la messagerie Internet.
Révélatrice car tous ces aménagements répondent à des besoins qui avaient été identifiés, et gérés, par le système de messagerie normalisé X400 lequel malgré tous ses avantages n’a pu faire le poids face au système de messagerie RFC822. Le processus de standardisation ‘de fait’ a cela d’intéressant qu’il permet à une entreprise de faire rapidement fructifier sa technologie et d’optimiser les investissements en allant à l’essentiel à court-terme. Il permet de ne pas s’embarrasser de toutes les contraintes liées à des problématiques difficiles à solutionner: interopérabilité, conformité, modularité, évolutivité. Avec les risques de créer à terme une chimère, une structure dont la complexité croissante ne permet plus de la maintenir dans des conditions optimales d’efficacité.
D’un coté, un système conçu dés le départ pour répondre à tous les besoins possibles et imaginables pour lequel la conformité à la norme de chaque composant devra être vérifiée, de l’autre un système minimaliste adapté au fur et à mesure de l’évolution des besoins et des technologies mais fragile par construction.
Dérangeante pour un esprit cartésien, la seconde approche est pourtant celle qui permettra de converger le plus rapidement possible vers un système optimal. Le ‘meilleur des systèmes possibles’, oui mais à un moment donné. Il faudra alors savoir tirer parti de l’expérience ainsi acquise pour fonder le prochain système destiné à le remplacer.
Une conclusion que je n'aurais certainement pas défendue dans ma jeunesse quand je participais aux groupes de travail WG1 et WG2 du SC27 de l'AFNOR. La raison vient avec l'age dit-on.
vendredi 24 juillet 2009
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